La jeune fille #23 - Theatre Pau
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La jeune fille #23

La jeune fille de 20 ans que j'étais osait s'aventurer dans un théâtre

La jeune fille #23

La jeune fille de 20 ans que j’étais, il y a huit ans,hésitante et réservée, osait enfin s’aventurer dans un cours de théâtre. L’objectif était simple : vaincre ma timidité et ma peur du regard des autres.

Aujourd’hui, à 28 ans, je suis toujours timide et gage que je le resterai. Mais qu’importe. Aujourd’hui, le théâtre fait partie de ma vie. Le théâtre fait partie de moi. Intimement lié à mon existence, il a forgé celle que je suis devenue et celle que je veux devenir. 

 

La jeune fille se souvient. Je me souviens de mon appréhension en entrant dans cette salle, où m’observaient des personnes que je ne connaissais pas. Je me souviens de ce premier cours, où je m’efforçais de faire bonne figure, terrorisée à l’idée de me dévoiler.

 

La jeune fille se souvient. Je me souviens surtout de la bienveillance qui régnait entre tous, de la douceur de celle qui est toujours mon professeur, de sa patience, de son exigence attentive et encourageante, du cocon de sensibilité que je venais de découvrir pour ne plus le quitter. Je me souviens de l’aventure de cette première année, de mes incertitudes, de mes craintes.

 

La jeune fille se souvient. Je me souviens du texte, magnifique, de mes partenaires, de notre complicité, des répétitions, de la sensation dans tout mon corps au moment de quitter les coulisses, de mes tremblements, des applaudissements, des larmes, de la jubilation, de la révélation que le théâtre signifiait bien autre chose qu’un combat contre ma timidité. Je me souviens de chaque année, de chaque aventure, de chaque renouveau, de chaque rencontre, de chaque texte avec précision et bonheur. 

En choisissant le théâtre, je me suis choisie.

 

J’ai choisi la sensible, la rêveuse, amoureuse des textes, des mots, de la scène, des autres, débordant de tant d’émotions qu’enfin il était possible d’exprimer.

 

J’ai choisi la vérité d’une présence, dans une expression bien plus vraie que les masques du quotidien Appelez cela paradoxe si vous en avez envie, mais c’est je l’affirme comme une certitude : je suis vraie au théâtre. Je suis vivante.

 

Fanny Lefebvre

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