Lina Prosa dans Le grand théâtre du monde #8 - Theatre Pau
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Lina Prosa dans Le grand théâtre du monde #8

Un ciel pour Shauba

Lina Prosa dans Le grand théâtre du monde #8

Lina Prosa dans le grand théâtre du monde # 8 était ce soir de juin 2015 dans la radio. J’ai entendu une lecture de sa pièce de théâtre  » Lampedusa Beach ». Lina Prosa, auteur de théâtre, vit à Palerme. Ses textes sont traduits par Jean-Paul Manganaro et publiés aux Solitaires Intempestifs.

Dans ce monologue sec et brutal c’est Shauba qui parle, c’est une Africaine qui est en train de se noyer cramponnée à ses lunettes de soleil le temps de la parole puis ce sera les abîmes qui vont l’engloutir. L’écriture de Lina Prosa est extrêmement forte. C’est l’angoisse qui saisit d’abord puis la conscience qui arrive dans un deuxième temps. Ce texte est résolument politique, poétique, subversif. Elle dit pour parler de Lampedusa Beach :  » La poésie et l’art ne peuvent se soustraire, en ces moments de décadence et de dérive humaine, à leur nature de constructeurs de civilisation ». Comment-est-il possible de tolérer qu’une mer qui a été le berceau des grandes civilisations soit aujourd’hui le lieu d’une tromperie et d’une misère morale de plus en plus barbares et sauvages ?

Je ne saurai que trop vous recommander la lecture de ce texte fort marquant. Il a été monté, à la grande surprise de Lina Prosa, par la comédie française en mars 2013 dans une mise en scène de Christian Benedetti. Enfin pour achever de vous donner l’envie de découvrir cette écriture absolument contemporaine voici un extrait :

 » Le naufrage a été total.

Et d’une simplicité absolue.

Tu sais pourquoi ? Il n’y a pas eu de tempête.

Pas de lutte, de résistance.

Aucune manoeuvre d’expertise de la marine.

Aucun appel de capitaine.

Aucune alerte. Aucune alarme.

Il n’y a pas eu de soulèvement de vague.

Rien qui concernât la mer.

La mer est innocente. »

Après cela une phrase d’ Henri Calet me revient en tête:

« Ne me secouez pas, je suis plein de larmes ».

VL

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