Spectacles d'élèves #17 : Laurent Mauvignier et Lina Prosa
15924
post-template-default,single,single-post,postid-15924,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-theme-ver-11.1,qode-theme-bridge,wpb-js-composer js-comp-ver-5.1.1,vc_responsive

Spectacles d’élèves # 17

Spectacles d'élèves #17 de Lina Prosa et Laurent Mauvignier

Spectacles d’élèves # 17

Les spectacles des élèves adultes vous proposent de découvrir deux auteurs contemporains : Lina Prosa et Laurent Mauvignier. Tous les deux travaillent à partir de sinistres faits divers que la presse nous rapporte des plages de Lampedusa ou d’un supermarché.

Avec « Lampedusa beach », Lina Prosa tisse la parole des migrants. Ce monologue poignant transformé en polyphonie pour amplifier la proposition artistique nous porte vers la fulgurance poétique de Lina Prosa :

« …Un instant depuis le sommet, dans le basculement violent du bateau, j’ai vu Lampedusa. Je l’ai vue avec tes lunettes… »

Ici et maintenant en Méditerranée, la tragédie se prolonge. Les sombres nouvelles qui nous parviennent d’un naufrage de plus, encore et encore font place à un récit impossible, celui de Shauba qui au moment de se noyer aspire l’air pour délivrer une dernière parole pleine d’espoirs, de souvenirs, de douleurs et de mort.

Avec « Ce que j’appelle oubli », Laurent Mauvignier écrit une seule phrase pour composer ce récit rageur d’un homme tué par des vigiles au fond d’un supermarché pour avoir bu une canette de bière. Fait divers relaté dans la presse en 2009 à Lyon.

« .. la vie n’a pas été pingre avec lui, malgré l’apparence que ça donne, mais, ne t’en fais pas, il dirait, ma mort n’est pas l’événement le plus triste de ma vie, ce qui est triste dans ma vie c’est ce monde avec des vigiles et des gens qui s’ignorent dans des vies mortes comme cette pâleur… »

Laurent Mauvignier nous donne à entendre une seule et longue phrase comme un coup de poing qui nous laisse K.O. debout. La puissance du choc résonne encore bien longtemps après l’avoir entendue, s’incruste dans l’oreille et le corps, pertinence de cette écriture directe qui nous montre la brutalité, la barbarie d’une société, la notre où la vie d’un homme peut valoir « … un peu plus qu’une bière, un pack de six ? de douze ? de vingt-quatre bières, non, tu crois ? c’est trop ? et est-ce qu’en amassant de quoi remplir un Caddie le procureur aurait trouvé que c’était le juste prix et que ça ne valait pas plus ? que cette fois ils pouvaient y aller et lui donner une bonne correction et le faire payer plein pot alors que c’est lui qui leur a laissé sa vie là où d’autres auraient eu le droit d’être craints et respectés… ».

La banalité de la violence ordinaire devient si absurde qu’à la fin cela me laisse sans voix.

Valérie Leconte et Olivier Chambon.

Infos spectacles à retrouver sur la page Facebook:

Asso Théâtre Chat-Bus

et sur le site :

www.theatrechatbus.com

dans la rubrique Actualités

No Comments

Sorry, the comment form is closed at this time.